Participation de deux femmes d’Arabie saoudite aux JO de Londres, quel bilan ?

8 août

Alignée sur 800 mètres, Sarah Attar est devenue aujourd’hui la première Saoudienne à participer aux épreuves d’athlétisme des Jeux olympiques.

Âgée de 19 ans, Sarah Attar est en effet l’une des deux femmes retenues dans la délégation saoudienne à Londres, une première dans l’histoire des JO. Habillée d’un pantalon et d’un gilet à manches longues, chevelure recouverte par une capuche blanche, elle a terminé à la dernière place de sa série du 800 m avec un chrono de 2 min 44 sec 95/100, à plus de 43 sec de la gagnante kényane. « Ce fut un expérience incroyable », a-t-elle déclaré selon une dépêche AFP. C’est un énorme honneur d’être ici pour représenter les femmes d’Arabie Saoudite (…) C’est un moment historique, j’espère que cela va changer les choses, c’est un énorme pas en avant. »

Rappelons tout de même que la jeune femme est née aux États-Unis. Elle a grandi en Californie où elle continue à vivre actuellement. Comme le souligne le New York Times, sa famille a demandé à son Université de retirer d’Internet les photos d’elle la montrant courir avec un haut sans manche, en short et sans voile sur la tête, lors des compétitions d’athlétisme universitaires… Car, oui, habituellement, Sarah Attar ne court pas vêtue comme elle le fut aujourd’hui.

La présence de femmes saoudiennes à ces JO n’est donc pas le signe d’une émancipation pour les femmes de ce pays, qui pourraient accéder au sport grâce à l’autorisation du port du voile en compétition, mais plutôt une décision politique. Pour en savoir plus, je vous invite à lire l’interview de Clarence Rodriguez parue sur Madame Figaro. Cette journaliste habite en Arabie saoudite depuis plusieurs années et souligne que « les JO ne changeront pas le quotidien des Saoudiennes. » Un pays qui interdit toujours la pratique féminine du sport en public, qui refuse que les petites filles fassent de l’éducation physique ou encore que les femmes, considérées comme des « mineures », conduisent.

Vendredi, la judokate Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani (+ 78 kg) était devenue la première athlète féminine saoudienne de l’histoire olympique. Suivie de près par son père, la jeune fille s’était présentée sur le tatami la tête couverte d’une sorte de bonnet. Elle a été dominée sur ippon après 1 minutes 22 secondes par la Portoricaine Melissa Mojica et n’a pas parlé à la presse. A ce sujet, je vous conseille l’article de Grégory Schneider, journaliste sportif à Libération, qui nous raconte les coulisses de cette « parodie de combat« .

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