Divers·Les femmes dans le sport

Rugby féminin : elles répondent à Marc Lièvremont sur Rue 89

Dans la lignée de mon billet « Le rugby, c’est pas pour les filles ?« , je vous propose aujourd’hui un extrait d’un article paru sur Rue 89 en réponse aux propos de Marc Lièvremont sur le rugby féminin.

« Etre une fille et faire du rugby, ça arrive à plein de filles très bien, comme Gaëlle, Céline, Eva et Julia. Elles ont entre 15 et 34 ans et toutes sont tombées amoureuses du ballon pas rond, de l’esprit d’équipe qui règne dans ce milieu. Par Renée Greusard.

Gaëlle, 15 ans : « Rien ne m’a autant plu »

Petit accent du sud bien marqué, Gaëlle joue au rugby dans la région d’Albi, depuis ses « 10-11 ans ». Une décision qui a été plutôt bien acceptée par sa famille.

« Quand j’ai dit à mes parents que je voulais faire du rugby, ils n’ont pas trop mal réagi. Ma mère était étonnée, quand même, parce qu’elle ne s’attendait pas à ce que je fasse un sport comme ça. Elle pensait que j’aurais choisi de l’athlétisme ou de la natation. Mais elle m’a aussi dit que je ferai ce que je voudrai.
Mes trois frères, eux, ont été très contents, parce qu’ils faisaient déjà du rugby. Comme ils avaient plus d’expérience que moi, ils ont pu m’apprendre des trucs. » 
Très sportive, elle a aussi essayé « la boxe, l’athlé, la natation », mais conclut-elle :
« Rien ne m’a jamais autant plu que le rugby. »
On lui demande ce qui lui plaît dans ce sport. Elle dit d’abord « Je ne sais pas » en hésitant, puis embraye :
« C’est un sport collectif, y a le contact avec les adversaires, l’esprit d’équipe. »
Pour la lycéenne, le rugby, c’est aussi un héritage familial. Toute sa famille en fait. Son choix ne lui a donc jamais semblé incongru, et aux autres non plus d’ailleurs. Même à 10 ans.
« J’ai jamais pris de réflexion. Quand je sors avec des garçons, ils s’en fichent. Une seule fois, on m’a dit que c’était bizarre. Pour moi, tout le monde peut faire n’importe quel sport. »
Des gamins de 10 ans et des ados de 15 ans pas choqués, c’est à se demander ce qu’il faut en déduire sur le sélectionneur de l’équipe France…

Eva, 24 ans : « S’il faut balancer un marron, tu le fais »

Elle a grandi entre Paris, Lyon et Albi, mais au téléphone, c’est un bel accent du Tarn qui résonne. Comme Gaëlle et Céline, Eva est une sportive passionnée. Elle a fait de la natation, de l’équitation, de la voltige équestre, de la gymnastique artistique… Mais à 18 ans, c’est de rugby qu’elle s’est passionnée.

« Mes parents ont été plutôt amusés. Mais quand on est dans le sud aussi, c’est normal de s’intéresser au rugby. »
Quand elle parle du rugby, elle dit cash :
« Les gens s’attendent soit à voir les filles jouer tendrement, soit à s’arracher les cheveux. Mais il n’y a rien de tout ça. C’est exactement comme les mecs. Les chocs sont les mêmes : s’il faut plaquer, tu le plaques et s’il faut balancer un marron, tu le fais aussi. »
Des marrons, elle en a mangés sur le terrain. Tant et si bien qu’elle raconte en riant :
« A l’époque, j’avais un copain dont on aurait pu penser que lui était rugbyman. Le regard des gens était dur. Je passais pour la femme battue et lui, il baissait les yeux, le pauvre. Il était gêné. »
Quant à la question de la féminité, c’est encore un aspect qui fait sourire Eva :
« Après les matches, on rentrait parfois en sang dans les vestiaires, avec les crampons, le short et le dentier. On ressortait de là en talons, mini-jupes ou même en robe de soirée pour aller faire la fête, et la plupart des filles étaient maquillées. »

Plus de témoignages, audio notamment, sur Rue 89

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