Héroïnes d'hier et d'aujourd'hui

Laurence Fischer, du karaté au théâtre

Vendredi dernier après-midi, pendant que certains bouclaient à la hâte leurs dernières courses de Noël, moi je papotais tranquillement avec Laurence Fischer dans un café parisien. Toujours souriante, très accessible, elle est revenue avec franchise et modestie sur sa belle carrière. Agée de 38 ans, elle a mis son kimono au placard en 2006. L’année de son deuxième titre de championne du monde de karaté.

Petite, elle avoue qu’elle rêvait plus de tutus roses que de ceintures noires : « Mon père m’a inscrite dans un club à l’âge de six ans, je n’ai pas du tout aimé, les entraînements étaient durs, sans aucun aspect ludique comme cela se fait aujourd’hui pour les plus jeunes ». Au bout de quelques mois, elle arrête, préfère s’adonner à la danse folklorique et s’essayer à l’athlétisme. Mais son père, passionné, la remet sur un tatami à 12 ans. Elle se fait violence, persévère. « Cela nous faisait une activité en famille, avec mon père et mes frères, se souvient-elle. J’ai participé à mes premières compétitions à l’adolescence, j’ai rapidement fait des podiums en junior et j’ai été repérée à l’âge de 16 ans pour des stages de pré-sélection en équipe de France. »

Pas de classe sports-études à l’époque, Laurence Fischer suit donc une scolarité normale jusqu’en Deug d’anglais. Elle a dû arrêter ses études pour concilier entraînements et activité professionnelle. Des petits boulots d’abord, puis un poste à temps partiel d’éducatrice au service des sports de Marseille. Elle enchaîne les succès sportifs, mais reste frustrée de n’avoir pu terminer ses études. Alors, à 28 ans, elle quitte sa Provence natale pour intégrer l’Essec. Elle jongle alors avec ses cours à Cergy-Pontoise, un job à Paris et ses entraînements à Vincennes.

Introvertie, Laurence explique que le karaté lui a permis d’aller au-delà de sa nature, d’en ressortir grandie. Car finalement la jeune femme a réussi à s’épanouir et à s’accomplir sur un tatami. « La notion de plaisir est arrivée très tard, à la fin de ma carrière, confie-t-elle. Au fil des ans, le karaté est devenu plus qu’un sport, une vraie philosophie de vie. Le pratiquer m’a appris à mettre de l’intensité dans les choses que je fais, quelles qu’elles soient. » Avide de transmettre sa passion, Laurence est allée il y a cinq ans en Afghanistan pour enseigner le karaté à des jeunes filles, via l’association Sport sans frontières dont elle est marraine depuis 2003. En témoigne ce reportage de France 2 dont j’avais déjà parlé cet été. 

Retraitée depuis 2006, Laurence a d’abord travaillé dans le marketing et le sponsoring sportif chez Nike, avant de s’investir dans une autre de ses passions, le théâtre. Et comme pour le karaté, elle se donne à fond pour réussir : « J’ai suivi une formation de comédienne au Studio Pygmalion de Montrouge. Cela a été une révélation pour moi, mais je manquais encore de technique. J’ai donc décidé de suivre les cours de Jean-Laurent Cochet à Paris. » En 2012, on la retrouvera ainsi sur les planches pour interpréter des scènes de Shakespeare en anglais, mais aussi de Cléopâtre. Les dojos, eux, ne sont jamais très loin. Laurence est entraîneur à Colombes, et reste une fervente militante de l’éducation par le sport. Son dernier combat ? Voir un jour le karaté devenir une discipline olympique.

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